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Assouan est une ville du sud de l’Egypte, située sur la rive droite du Nil, en aval de la première cataracte et proche du lac Nasser. C’est le chef-lieu d’un gouvernorat qui porte le même nom (le gouvernorat d’Assouan).

La distance entre le Caire et Assouan est d’environ 900 km. Plusieurs vols assurent quotidiennement la liaison entre le Caire et Assouan en 2h30. Quatre trains parcourent tous les jours la distance entre les deux villes en 16h. Ce sont des trains couchettes confortables et à bas prix.

Entre Louxor et Assouan, pour une distance de 235km, la durée de vol est d’une heure, par train elle est de 4h et par bateau de croisière sur le Nil elle est de trois jours.

L’histoire de la ville remonte à l’Ancien Empire. Après le déclin d’Eléphantine, l’activité commerciale et administrative qui était centralisée sur l’île, se délocalisa sur la rive droite, une nouvelle ville fut créée que les pharaons appelèrent « Souânit » qui signifie la « place du marché », plus tard les Grecs lui donnèrent le nom de « Syène ».

Syène était célèbre pour son activité commerciale mais aussi pour la proximité des carrières qui lui fournissaient le granit gris et surtout le granit rose appelé « Syénite » nécessaire à la construction des temples et des monuments pharaoniques. La ville devint alors la capitale du premier nome (province) qui porta le nom de « Ta Satet » qui signifie la terre de Satis. Plus tard, le nom de la ville s’est transformé en « Swani » puis « Aswan ».


A 1 km au sud de la ville, après le cimetière des Fatimides, se trouve l’une de ces carrières de granit rose avec un obélisque inachevé. Cet obélisque a été abandonné à cause d’une fêlure dans le granit. Il mesure 42m de long et pèse environ 1197 tonnes ; s’il avait été achevé et extrait de sa carrière, il aurait été le plus grand obélisque que les pharaons aient bâti. Ce qui est intéressant, c’est de constater les techniques et les moyens que les anciens égyptiens employaient pour délimiter et extraire cet énorme bloc de granit de sa carrière, puis de concevoir tout le travail de polissage, de décoration et surtout l’inimaginable voyage que les obélisques effectuaient à travers le Nil pour arriver à leur destination finale.

La carrière est ouverte aux visiteurs tous les jours de 7h à 16h en hiver et jusqu’à 17h pendant l’été, l’entrée est payante.




Dans un passé plus récent, ces blocs de granit ont aussi servi à la construction de l’ancien barrage d’Assouan réalisé par les Anglais en 1902. Lorsque ce dernier s’est avéré insuffisant pour maîtriser les eaux du Nil, un deuxième barrage aux dimensions colossales a été construit. Ce grand projet a vu le jour en 1955, il fut nommé « EL Sad EL Ali », ce qui signifie le Haut Barrage. Il a été réalisé avec la collaboration des techniciens soviétiques. Pour le financer en partie, le président Gamal Abdel Nasser a dû nationaliser le canal de Suez car le fond monétaire international lui avait refusé le prêt qu’il avait sollicité.
L’Egypte s’est alors lourdement endettée auprès des Soviétiques, avec lesquels elle a entretenu dès lors un lien de dépendance économique qui a perduré de longues années. Le haut barrage a coûté plus de six milliards de francs. Les travaux ont débuté en 1960. En 1964, une cérémonie a inauguré l’entrée des eaux du Nil dans le canal de dérivation, les derniers travaux ont été achevés en 1972.

L’eau du Nil maîtrisée et emmagasinée constitue derrière le haut barrage un des plus grands réservoirs du monde avec une capacité de retenue s’élevant à 157 milliards de mètres cube d’eau, ce grand réservoir à été appelé le « lac Nasser ». L’eau du Nil fait tourner en permanence 12 turbines de fabrication française qui assurent une puissance totale de 2 100 000 KW de production électrique.

La centrale hydroélectrique a permis l’implantation de deux autres usines d’aluminium et d’engrais chimiques, faisant d’Assouan un important centre industriel.

Mais Assouan n’est pas uniquement un centre industriel, elle est surtout un grand centre touristique, c’est un point de rencontre pour toutes les nationalités du monde. D’Assouan, les touristes peuvent remonter le Nil et découvrir les magnifiques temples qui ont été sauvés des eaux et installés sur les îles voisines. Assouan est aussi un magnifique tableau digne des plus grands peintres, le paysage y est d’une extrême beauté, à l’image de la douceur du Nil, il compte parmi les plus beaux du monde. Si vous avez l’occasion de vous rendre à Assouan, naviguez sur ce noble fleuve qu’est le Nil, promenez-vous en calèche ou à pied sur sa corniche au moment du crépuscule, visitez les souks aux couleurs et aux senteurs exotiques, admirez les étalages de vannerie, de poterie, d’épices et de « Karkadé », cette jolie fleur séchée de couleur pourpre qui purifie le sang et que les citoyens d’Assouan préparent si bien en boisson chaude ou froide et qu’ils vous servent dans un petit verre doré en signe de bienvenue.

La population de la ville est en majorité nubienne, ce sont les habitants de la basse Nubie qui ont été contraints de quitter leur terre inondée par la montée des eaux du lac Nasser. Ils ont la peau plus foncée que le reste des égyptiens, une voix mélodieuse, un folklore africain qui leur est propre, une courtoisie et une générosité extraordinaire.

Le musée nubien est intéressant et mérite bien d’être visité. Il est ouvert de 9h à 14h, de 16h à 20h ou 21h pendant l’été. Il contient près de 2000 pièces retraçant l’histoire de la Nubie depuis l’époque préhistorique jusqu’à l’époque chrétienne. Il possède une salle de conférence, une cafétéria et un magnifique jardin avec des ruisseaux.

Après avoir visité le musée, j’ai pris une felouque pour aller voir le mausolée de l’Aga Khan III Mohamed Shah (photo ci-contre) sur la rive gauche. Il a été construit sur une crête de sable qui domine le Nil, le corps du défunt repose à l’intérieur de l’édifice dans un sarcophage de marbre blanc décoré par plusieurs versets du Coran.

L’Aga Khan était le chef religieux des musulmans ismaéliens au Pakistan et dont le noyau se trouve en Inde, ce sont de très riches musulmans. L’Aga Khan passait une grande partie de l’hiver dans sa villa d’Assouan, il aimait tellement cette ville que dans son testament il a exprimé le vœu d’y être enterré.

Le mausolée est bâti dans un style fatimide, la maison de couleur blanche plus en aval est celle de sa femme.
En rentrant vers Assouan le soir, j’ai dîné dans un restaurant nubien installé sur une petite île, la nourriture était légèrement
épicée, très bonne et le prix très raisonnable. Pendant le dîner, j’ai assisté à un spectacle de folklore nubien.

Puis j’ai pris le thé avec les employés du restaurant et en discutant avec eux j’ai su qu’ils organisaient chaque mercredi avec la collaboration d’une agence de voyage un méchoui sur une île appelée « Berbère » pour un groupe de touristes, ils m’ont gentiment proposé de les accompagner, comment pouvais-je refuser !

Le mercredi après-midi qui a suivi, nous avons donc embarqué avec tout le nécessaire pour la fête dans un petit bateau à moteur, le temps était superbe et nous n’étions pas les seuls à naviguer sur l’eau ce jour-là, un festival de felouques flottaient paisiblement sur le Nil et se faufilaient gracieusement tels des cygnes entre les îles et les rochers.






Nous sommes arrivés sur une île déserte, il n’y avait que du sable, un ciel bleu à perte de vue et le Nil. Les préparatifs de la fête ont commencé : le méchoui grillait, les tables étaient dressées, un ballon de bienvenue a été gonflé et les chanteurs et danseurs ont troqué leur chemise contre une djellaba de tradition nubienne. A leur arrivée, les touristes ont été reçus avec de la musique et de la danse sous un magnifique arc-en-ciel.






Après avoir effectué un tour de l’île à dos de chameau, nous avons mangé au bord du Nil et la fête s’est poursuivie jusqu’à une heure du matin.






Lorsque le guide a appelé son groupe de touristes pour leur dire qu’il fallait partir, tout le monde s’est écrié d’une voix presque unanime « oh non ! ». Ils ne voulaient plus quitter l’île et moi non plus d’ailleurs. La tête pleine de merveilleux souvenirs, c’est avec beaucoup de regrets que j’ai dit au revoir à Assouan et à sa charmante population, me faisant la promesse d’y revenir très prochainement.


Si vous désirez regarder un clip vidéo de folklore nubien cliquez ici

article et photos réalisés par S.ISMAIL