[Retour à l'accueil]



Abou Simbel est un site archéologique très célèbre pour son histoire, il comporte deux temples couplés symbolisant l’union et l’amour éternels du roi Ramsès II et de sa femme préférée la reine Néfertari. Le temple que le sculpteur Pyay a brillamment construit sous l’ordre et à la gloire de Ramsès II adoré par son peuple comme un dieu, est aussi dédié aux dieux Amon, Horakhty, tous deux associés au dieu soleil Rê, et à Ptah.
Amon, Rê et Ptah étaient les principaux dieux de l’empire. Ces dieux ont été particulièrement adorés à Héliopolis, Karnak et Memphis. Le temple de la reine est dédié à la reine elle-même mais aussi à la déesse Hathor, déesse de l’amour, de la beauté et de la joie. Ces monuments furent creusés au cours de la trentième année du règne de Ramsès II vers 1250 av. J-C. dans une falaise de grès rose sur la rive gauche du Nil, dans l’ancienne basse Nubie près de la frontière actuelle entre l’Egypte et le Soudan.




Cliquez sur les photos pour les agrandir.


Au 19ème siècle, Abou Simbel portait le nom de Ybsambul, et au début seul le temple de la reine Néfertari avait été découvert. Le temple du roi Ramsès II était méconnu car il était encore enfoui sous des dizaines de mètres de sable que le souffle du vent du désert avait accumulé sur sa façade pendant plusieurs années. L’histoire de la découverte du temple du roi commence en 1813 avec l’arrivée d’un historien suisse natif de Bâle, Johann Ludwig Burckhardt, connu sous le nom d’Ibrahim Ibn Abdalla. Alors venu pour visiter le temple de Néfertari, et pendant qu’il remontait une colline de sable, ses yeux remarquèrent les quatre statues de Ramsès II qui sortaient à peine du sable ; il avait cru à ce moment là que ce n’était qu’une simple façade sculptée. Il a fallu attendre jusque 1817 pour qu’un aventurier italien du nom de Giovanni Battista Belzoni entreprenne avec son équipe de fellah égyptiens le déblaiement du sable pendant trois semaines, et ce qu’il découvrit était plutôt surprenant : quatre statues majestueuses et impressionnantes de Ramsès II émergèrent du sable, représentant le roi assis sur son trône les mains posées sur les cuisses, le visage souriant, la tête coiffée du némès surmonté de la double couronne de la Haute et de la Basse Egypte. L’une des quatre statues était cassée et les trois autres très bien conservées. Ces statues sont taillées directement dans le vif du rocher, chacune d’elles mesure 20m de haut, la largeur entre les deux oreilles est de 4m, la bouche au sourire serein mesure 1,10m et les oreilles 1,06m chacune. Ces quatre colosses sont disposés deux par deux de chaque côté d’une porte centrale et au-dessus de laquelle siège la statue du dieu Rê-Horakhty à tête de faucon et à corps humain. A droite, à gauche et entre les jambes de Ramsès II, d’autres petites statues figurent en position debout représentant ses fils, ses filles et sa mère, des images de prisonniers noirs et asiatiques sont sculptées sur les bas côtés du trône.




Au-dessus de la statue de Rê-Horakhty, un encadrement représente 22 babouins assis mesurant 2m50 chacun, en dessous se trouve une corniche qui porte la dédicace du temple gravée en hiéroglyphes.
La façade du temple mesure 38m de long et 31m de haut, les soubassements portent les cartouches du roi répétées plusieurs fois. Belzoni fut le premier à rentrer dans ce magnifique chef d’œuvre après onze siècles car une vieille légende voulait qu’on ne révèle pas l’existence d’Abou Simbel aux étrangers au risque d’être frappé par une malédiction. Ainsi, l’existence de ces monuments est longtemps restée inconnue sauf pour les habitants de la région.
Depuis, cette merveille datant de plusieurs millénaires n’a cessé d’être visitée. François Champollion a écrit "ce temple valait à lui seul un voyage en Nubie ".
Et l’archéologue Schlieman le considérait comme " l’œuvre d’art la plus puissante du monde ".




Cliquez sur cette photo pour l'agrandir.


A l’intérieur du temple, un décor d’une extraordinaire beauté l’attendait. La première salle est un pronaos (la salle précédant le naos c’est-à-dire le sanctuaire). La salle est rectangulaire, mesurant 18m de profondeur et 16,70m de largeur. Elle est soutenue par huit piliers de 10m de haut, représentants Osiris sous les traits de Ramsès II. Les statues sont rangées par 4 à droite et à gauche de la salle ; celles de droite portent le " pschent ", c’est-à-dire la double couronne de la haute et de la Basse Egypte, celles de gauche portent uniquement la couronne de la Haute Egypte. Toutes les statues ont les bras croisés sur la poitrine et tiennent le sceptre et le flagellum entre les mains. Sur le plafond de l’allée central, est peint le vautour de la déesse Nekhbet protectrice de la Haute Egypte. Derrière les statues de droite et de gauche, se dissimulent des couloirs latéraux dont les plafonds sont recouverts d’étoiles. Sur l’un de leurs murs est gravé le char de Ramsès II. D’autres scènes retracent la grande épopée guerrière du roi et sa victoire sur les Hittites dans la ville de Qadesh ou encore des scènes d’offrandes aux dieux. Un long poème composé par le poète de la cour, Pentaur, sur la conquête du pharaon en Syrie est également écrit en hiéroglyphes sur le mur.






Après le pronaos, se trouve une salle hypostyle soutenue par quatre piliers carrés avec des dessins symbolisant le pharaon devant les dieux ou d’autres scènes de la vie comme le transport de la barque sacrée. Trois portes mènent au cœur du naos (sanctuaire), le lieu le plus intime du temple, c’est une pièce de 4m sur 7m où Ramsès II est assis entouré des trois divinités. La profondeur du temple depuis la porte d’entrée jusqu’au sanctuaire est de 65m.
Huit autres pièces existent dans le temple dont les murs sont tous gravés et décorés à la gloire de Ramsès II.




Le temple de la reine est plus petit, sa façade est constituée de six statues de 10 m de haut.
La statue de Néfertari représente la reine sous les traits et le costume de la déesse Hathor, elle porte le disque solaire avec deux plumes en plus des cornes de la vache sacrée. Elle est encadrée de part et d’autres par les statues de Ramsès II, c’était la première fois que l’épouse d’un pharaon est représentée sur un temple et par une statue aussi haute que celle de son époux..





Toutes les statues de la façade ont la jambe gauche en avant comme s’ils sortaient du temple. Le pronaos du temple de Néfertari est plus petit que celui de Ramsès II, c’est une salle carrée reposant sur deux rangées de 3 piliers à l’effigie de la déesse Hathor. De chaque côté de la salle au-dessus de la tête de Hathor, l’histoire de Néfertari et de Ramsès II est gravée.
Tous les murs du temple portent des dessins d’offrandes et de Néfertari. Dans le sanctuaire, Ramsès II rend hommage à la déesse Hathor.




Cliquez sur cette photo pour l'agrandir


Ces deux temples furent menacés d’être inondés et engloutis par la montée des eaux du lac Nasser. En 1960, les techniciens de la construction du haut barrage ont informé le président Egyptien Gamal Abdel Nasser du danger, à son tour il a fait appel à l’aide de l’UNESCO. Une campagne internationale a été lancée et le monde entier a répondu à l’appel de l’Egypte et de l’UNESCO pour sauver ces monuments. A partir de 1964 et d’après l’idée d’un sculpteur égyptien, les deux temples furent découpés en 1036 blocs pesant chacun 30 tonnes, numérotés puis déplacés sur une colline 64m plus haut de leur emplacement d’origine, ils furent reconstruits dans une falaise artificielle au bord du lac Nasser tout en respectant leur orientation face au soleil et au Nil, ce qui leur donne une image assez fidèle à celle de leur site premier. Le 22 septembre 1968, le nouveau site est inauguré, les travaux de finition et de colmatage ont pris fin en 1972. Près de trois mille personnes ont travaillé sur ce chantier.




A l’aube, ces temples deviennent les témoins d’un splendide lever de soleil sur les dunes de sable de l’autre rive du Nil, les rayons du soleil venant éclairer leur façade. Certains savants ont remarqué que deux fois par an et aux grands équinoxes de février et d’octobre, le soleil pénètre dans le temple jusqu’au sanctuaire et illumine pendant quelques minutes les trois divinités du sacrarium ( Ramsès II, Amon Rê et Rê Horakhty) puis il disparaît. Ptah, lui, reste dans l’ombre car c’est le dieu des ténèbres. Les savants ont appelé ce phénomène " le miracle du soleil ". Certains spécialistes pensent que ces deux dates sont probablement en rapport avec la naissance et le couronnement de Ramsès II.

Ces temples resteront à jamais éternels non seulement comme témoins de l’histoire et de l’amour mais aussi comme témoins de la fraternité universelle qui les a sauvés de l’oubli.
Actuellement ces chefs-d’œuvre sont classés " Patrimoine mondial de l’humanité "
Après le crépuscule et après le départ des visiteurs de la journée, ces magnifiques statues se préparent à recevoir la lumière des projecteurs du programme son et lumière pour nous raconter leur histoire. Le programme a lieu à 20h30, il est traduit simultanément en plusieurs langues.



Le site a donné son nom à une petite ville qui vient de naître. Il existe actuellement trois moyens de transports pour y aller. Par autobus ou en taxi à partir de la ville d’Assouan, c’est le moyen que je vous conseillerai le moins car la route est longue ( aux alentours de 3heures), la distance à parcourir est de 280km ; et la police accompagnant les convois de cars de tourisme pour assurer leur sécurité en chemin, la durée passée sur le site est tributaire de leurs horaires. La visite du site n’excède pas 3heures mais cela ne suffit pas pour visiter les deux temples de fond en comble.
Les deux autres moyens suivants sont aussi bons l’un que l’autre. Premièrement, il y a les bateaux de croisières qui naviguent sur le lac Nasser ; ils vous laissent une journée entière à passer sur le site pour vous permettre en plus d’assister au programme son et lumière du soir.
Deuxièmement, il y a l’avion. La compagnie Egypt Air assure une liaison régulière entre Abou Simbel et le Caire avec escale à Assouan et entre Abou Simbel et Louxor en passant par Assouan.
Après son escale à Assouan l’avion vole très bas pour nous ravir et nous faire visiter une partie du désert et survoler le Nil, la vue est fantastique.
De l’aéroport vous pouvez prendre les bus d’Egypt Air pour aller vers le seul hôtel du coin, l’hôtel Néfertari, le trajet est gratuit.



L’hôtel Néfertari est un hôtel quatre étoiles avec piscine et restaurant, et un jardin verdoyant, parfumé par l’odeur des arbres de jasmin, il est à 10 min à pied du site ce qui permet une totale liberté d’action.


Remarque : L’utilisation du flash est interdite pour photographier l’intérieur des temples.

Article et photos réalisés par S.ISMAIL