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Lorsque nous évoquons l’Orient, nous pensons aux Mille et Une Nuits, au faste des sultans, des rois et des reines. En écrivant cet article, j’ai donc eu envie de vous faire visiter un endroit qui risque fort de vous émerveiller et de vous rappeler la splendeur du temps passé.

Officiellement l’endroit s’appelle le musée des bijoux, les Egyptiens l’appellent « Kasr el megawharat » c’est-à-dire le château des bijoux.

En fait, c’est à la fois un musée et un magnifique château : de l’extérieur, il ressemble plutôt à une luxueuse villa du style byzantin, mais de l’intérieur c’est bel et bien un château avec des peintures au plafond style renaissance et des vitraux style romantique, la décoration y a été réalisée avec beaucoup de goût.

La maîtresse des lieux s’appelle « la noble » Fatma Heydar, dont vous pouvez voir le portrait ci-contre. La noble princesse est l’arrière arrière petite fille de Mohamed Ali Pacha fondateur de la famille royale égyptienne.
Le château se trouve à Alexandrie dans le quartier de Zizinia, sa construction a débuté en 1919 sous les ordres de la mère de la princesse puis a été terminée sous les ordres de cette dernière en 1923.
Le château et ses jardins ont une superficie de 4185 m2.
Cette demeure n’a été transformée en musée qu’en 1986, elle est composée de deux ailes est et ouest, reliées entre elles par une grande galerie.







J’ai commencé ma visite par l’aile Est qui figure sur la photo, arrivée en haut des escaliers, les policiers qui montent la garde, sont venus me recevoir et m’indiquer le chemin à suivre.

Notez la beauté de ces deux statues placées en haut des escaliers et brandissant à la main des globes de lumière.
Une fois arrivée dans la salle principale, j’ai pu découvrir accrochés sur les murs tous les portraits de la famille royale.

Au fond de la salle se trouvent deux bustes imposants installés de chaque côté d’une grande porte décorée avec de magnifiques vitraux.

Quand je suis entrée dans la deuxième salle, j’ai compris alors que tous les vitraux du château racontaient une belle histoire d’amour. Chaque fois que j’avançais de vitrail en vitrail l’histoire se poursuivait jusqu’au dénouement final c’est-à-dire le mariage.

La photo que j’ai choisie pour vous montrer la beauté de ces vitraux est la scène de mariage. Une touche d’exotisme vient s’y ajouter avec le turban, les babouches du jeune garçon tenant la traîne de la mariée, une touche qui me rappelle l’histoire d’Aladin et les contes des Mille et Une Nuits qui ont bercé mon enfance.


Vous pouvez cliquer sur la photo pour l’agrandir.




Je vous ai également choisi trois exemples de plafond car ce sont de vrais chefs-d’œuvre,
vous pouvez toujours cliquer sur les photos pour les agrandir.










En m’approchant des deux bustes que j’avais remarqués de loin, je me suis rendu compte que le premier était celui de Mohamed Ali Pacha, le deuxième celui du Khédive Ismail.


Avant de commencer à admirer les bijoux, j’aimerais vous parler un peu du destin de ces deux hommes qui ont marqué l’histoire de l’Egypte.

MOHAMED ALI PACHA

L’ironie du sort a voulu que cet homme qui n’était même pas Egyptien, fut le fondateur d’une dynastie qui régna sur l’Egypte de 1805 à 1952 après. J.C.. Mohamed Ali Pacha était d’origine Turco-Albanaise, il arriva en Egypte à la tête d’une armée albanaise pour combattre Napoléon Bonaparte en 1798. Malgré la défaite de son armée, il maîtrisa les mamelouks et mit fin à l’anarchie qui régnait dans le pays.
En 1801, les français partirent de l’Egypte, en 1804 Mohamed Ali s’empara du pouvoir et fut reconnu Pacha de l’Egypte par l’empire ottoman.
Il commença à développer et à moderniser l’Egypte dans tous les domaines : agriculture, industrie, éducation et armée.
Il nationalisa les terres agricoles et introduisit la culture du coton et de la canne à sucre. Il gouverna le pays avec une main de fer mais on lui reprocha Plus tard d’avoir oppressé les paysans. En 1841, il tomba malade et céda à son fils Ibrahim Pacha le règne de l’Egypte.
Ibrahim Pacha était un fin stratège militaire, il remporta beaucoup de victoires, son règne fut court car il mourut avant son père. Le 2 août 1849, Mohamed Ali Pacha décéda près d’Alexandrie.





Le KHEDIVE ISMAIL

Il est le petit-fils de Mohamed Ali et le fils d’Ibrahim Pacha. , il succéda à son oncle Saïd Pacha et régna sur l’Egypte de 1863 à 1879. Il était très imprégné de la culture occidentale car il avait fait ses études à Paris.

Le Khédive Ismail continua la modernisation de l’Egypte, il décida aussi de poursuivre avec Ferdinand de Lesseps le projet du canal de Suez que son prédécesseur avait commencé.
Le canal de Suez fut inauguré le 17 novembre 1869. Pour célébrer l’événement, le Khédive Ismail construisit un grand et magnifique Opéra qui fut appelé l’opéra du Caire, qui disparaîtra malheureusement beaucoup plus tard dans un incendie en 1971. C’est dans cet opéra que Giuseppe Verdi orchestra l’opéra Aïda pour la première fois en 1871.

Pendant le règne d’Ismail Pacha, la dette extérieure de l’Egypte avait énormément augmenté. Pour régler ce problème, le Khédive Ismail s’était résolu à vendre ses actions du canal de Suez. Il suspendit aussi le paiement des intérêts de la dette, ce qui entraîna l’ingérence occidentale dans les affaires égyptiennes, surtout par les Britanniques qui voulaient à tout prix contrôler la route du coton.
En juin 1879, Ismail Pacha fut destitué de ses fonctions par le Sultan ottoman. Son fils, le Khédive Tewfik lui succéda. Ismail Pacha partit à Constantinople en exil jusqu’à sa mort.



Le titre de Khédive qui signifie « Seigneur » fut aboli en 1914 lorsque l’Egypte devint un protectorat britannique, il fut remplacé par le titre de sultan puis de roi.
Le roi Farouk (portrait ci-contre) fut le dernier roi à monter sur le trône de l’Egypte, il gouverna le pays avec la collaboration des Anglais, il fut détrôné par la révolution du 26 juillet 1952. Son fils Ahmed Fouad gouverna sous tutelle étant encore mineur du 26 juillet 1952 au 18 juin 1953, date à laquelle l’Egypte déclara la république.

De Mohamed Ali jusqu’à Farouk, dix hommes d’une même famille se sont succédés et ont gouverné l’Egypte pendant plus d’un siècle.









Pendant cette période leur collection de bijoux et d’objets personnels n’ont cessé d’augmenter. Je ne peux pas tous vous les montrer mais je vous ai choisi les plus beaux.



Couronne en platine sertie de 2159 diamants ainsi que de 11 perles de culture. Elle appartient à la princesse Chwikar, la première épouse du roi Fouad 1er, le père du roi Farouk.



Couronne en platine en forme de fleurs sertie de 1506 diamants avec une broche qui a appartenu à la reine Farida.






Colliers, bracelets, boucles d’oreilles et broches en or avec perles de cultures et rubis.

Vaisselle en or incrustée de diamants





Sans commentaire ! ! !







article et photos réalisés par S.ISMAIL