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L’île Eléphantine est une île de 35 ha (1500m de long, 500m de large) située sur le Nil en face de la ville d’Assouan. Pour la visiter, vous pouvez faire une petite promenade en louant une felouque particulière ou attendre la navette qui passe pratiquement tous les quarts d’heure, son embarcadère se trouve en face de l’agence Egypt air d’Assouan.

Eléphantine est le nom donné à cette île par les Grecs. Les anciens Egyptiens l’appelaient Yeb c’est-à-dire « la ville des éléphants » probablement à cause du commerce de l’ivoire qui était pratiqué avec la Nubie et qui transitait par l’île. Lorsque je me suis approchée de l’île, j’ai constaté que tous les rochers qui bordent l’île ont une apparence éléphantesque et portent même parfois des cartouches, des inscriptions hiéroglyphiques et le dessin du faucon Horus.





L’île était la frontière naturelle de l’Egypte, elle était aussi la demeure du dieu du Nil Hapy. D’après les croyances égyptiennes, la caverne d’Hapy était située sous l’eau du Nil, c’était lui qui régulait les inondations et la crue du Nil. Les Egyptiens étaient aussi convaincus que le Nil jaillissait à cet endroit.

Dans le passé, il existait un temple dédié au dieu créateur de la région, le dieu Khnoum, un dieu à tête de bélier représenté sur un bas relief en granit rose (photo ci-contre).
Le temple est actuellement en ruine, tout ce qui en reste c’est quelques colonnes et un naos en granit gris, c’est-à-dire la partie du temple qui abritait la statue de la divinité.
Eléphantine influait non seulement sur la vie religieuse mais était aussi un centre administratif et commercial d’une grande importance. Maintenant, l’île ne vit que du tourisme. Les endroits à visiter sont :

- le nilomètre
- le musée
- le jardin botanique

Le nilomètre est une sorte de puits dont les marches nous mènent jusqu’à la nappe phréatique du Nil. Les parois du puits sont graduées. Il servait autrefois à mesurer la crue du fleuve sur laquelle était basé le système de taxation de l’état. Eléphantine possède deux nilomètres, un à côté des ruines du temple de Khnoum et l’autre en bas du musée. Les nilomètres ne sont plus utilisés depuis la construction du haut barrage.





Le musée a été installé en 1912 dans une jolie villa de style colonial avec véranda et jardin fleuri, villa qui a appartenu à Williams Wellicocks, l’ingénieur qui a construit l’ancien barrage d’Assouan. Le musée renferme des objets trouvés au cours de fouilles entreprises à Assouan et dans la Basse Nubie.
Une momie de bélier dans un sarcophage doré est exposée dans le vestibule du musée avec trois statues en granit noir.
A l’intérieur du musée, il y a quatre salles, chacune correspondant à une période bien définie. Dans la première salle, les objets appartiennent à la période pré-dynastique : poteries, vases, silex et bijoux. La deuxième salle est consacrée à l’ancien empire : statues ou objets en bronze, vaisselle en pierre. La troisième salle est consacrée au moyen et nouvel empire : amulettes, stèles et colliers. La quatrième salle est consacrée à la basse époque : amulettes, momies et vases.
Le musée ouvre ses portes de 8h30 à 18h pendant l’hiver et il ferme une heure plutôt pendant l’été, il ferme aussi pendant l’heure de la prière du vendredi, approximativement de 12h à 13h30.

Le jardin botanique est plus connu sous le nom d’île Kitchener, en rapport avec son ancien propriétaire le Lord Kitchener qui a reçu l’île en cadeau pour le remercier d’avoir gagné une bataille et arrêté une révolte au Soudan.
Lord Kitchener était passionné de botanique, il a rempli l’île d’arbres et de fleurs de toutes sortes, importés d’Afrique équatoriale et d’Asie, une vraie merveille ! J’avais commencé à me promener dans les allées du jardin en respirant l’air embaumé d’essences et de parfums fleuris, écoutant le mélodieux gazouillement des oiseaux d’espèces peu communes.





Je m’étais tellement délectée de ma balade que j’en avais oublié l’heure, ainsi que le jeune garçon qui m’avait conduite sur l’île dans sa felouque et qui devait m’attendre pour me ramener à Assouan. Je me suis donc précipitée de rentrer, il était toujours là, allongé tranquillement dans sa felouque en train d’admirer le crépuscule, les bras croisés derrière sa nuque, son teint basané brillait sous les derniers rayons du soleil, il m’a fait un grand sourire et m’a dit en arabe : « j’étais sûr que le jardin allait vous plaire. »




Les arbres et les palmiers de l’île dissimulent trois petits villages typiquement nubiens qui ont échappé jusqu’à présent à l’urbanisation. Les habitants n’aiment pas être pris en photos, par respect pour leur dignité et leur hospitalité, je ne me suis donc pas permise de les photographier à leur insu. Mais si vous avez encore du temps à passer sur l’île, n’hésitez surtout pas à leur rendre visite, vous êtes assurés de passer un moment très chaleureux avec eux.


article et photos réalisés par S.ISMAIL